Moment privilégié pour réfléchir sur la Terre

Aujourd’hui, c’est son anniversaire. La Terre a 4,3 milliards d’années. Mais ne vous en faites pas, malgré cet âge vénérable, elle n’est pas si vieille que ça. À l’échelle humaine, elle aurait une quarantaine d’années. Elle n’est donc rendue qu’à la moitié de sa vie.

Tout de même, elle en a vu de toutes les couleurs depuis sa naissance. Dès la tendre enfance, elle fut heurtée par un gigantesque corps céleste, ce qui provoqua une collision d’une telle ampleur qu’une partie de sa matière se détacha pour former la Lune. Avec le temps, la planète se refroidit, une atmosphère se forma avec la protection accordée par une couche d’ozone et des molécules chimiques complexes permirent l’évolution de bactéries. La chimie de la planète se diversifia avec les produits métaboliques des premières formes de vie et il s’établit un équilibre entre la vapeur d’eau, l’azote, le gaz carbonique et le méthane pour préparer la succession des formes de vie que la paléontologie nous fait maintenant découvrir.

Plus de deux milliards d’espèces animales et végétales se succédèrent sur la Terre, chacune y laissant une contribution particulière dans la composition organique actuelle de la planète. Puis, naquit une nouvelle espèce dotée de propriétés différentes de toutes les autres. Cette nouvelle espèce sur deux pattes n’était pas la première à émerger, mais elle avait tout de même un plus gros cerveau que ses consoeurs, ce qui lui permit de se répandre dans tous les habitats terrestres.

L’espèce est très jeune, quelques centaines de milliers d’années tout au plus, alors que les espèces peuvent persister plusieurs millions d’années quand tout va bien. Elle doit partager la planète avec 50 ou 100 autres millions d’espèces selon les estimations des scientifiques. C’est la tâche difficile qu’elle doit apprendre à faire. Mais quand on est jeune, on est souvent plein de bonne volonté, sans que celle-ci garantisse tous les succès escomptés. Les très grandes qualités de l’espèce, associées à sa vie de groupe pour assurer sa nourriture et sa reproduction, devront évoluer pour permettre sa continuité. Sa forte pression sur les ressources en tant que prédateur doit s’orienter vers un meilleur partage entre tous pour stopper les conflits. Sa tendance à se cloisonner sur des surfaces territoriales doit s’amoindrir pour permettre aux groupes qui perdent leur territoire de s’établir ailleurs dans des habitats leur permettant de survivre. Sa façon de produire de nouvelles générations de descendants doit également être revue et corrigée car les ressources limitées de la planète ne peuvent pas entretenir un nombre illimité d’individus.

Fêter le Jour de la Terre, c’est aussi fêter le succès de cette espèce, de l’Humanité tout entière. Au cours du XXIe siècle, les humains sont appelés à réaliser de grandes choses. Ils établiront probablement des cités sous-marines, des colonies sur la Lune et sur Mars et qui sait, dans l’espace même, près de notre Soleil ou ailleurs. Mais il ne faut jamais oublier le lieu de nos origines et l’impact que l’on peut avoir comme espèce sur la planète. Il n’est peut-être pas sage de continuer à se développer comme on le fait présentement et de se retrouver du jour au lendemain 10 ou 12 milliards à vouloir se partager les douceurs de la Terre. Cette journée anniversaire est un moment privilégié pour regarder les accomplissements du passé, prendre des décisions pour corriger ce qui ne va pas dans le présent afin de préparer le plus brillant des avenirs. Surtout, il ne faut jamais oublier une chose : les Humains sont les hôtes de la Terre, pas l’inverse. Deux milliards d’espèces éteintes en témoignent.

jbergeron@ledroit.com

http://www.cyberpresse.ca:80/article/20080423/CPACTUALITES/804220340/5164/CPDROIT

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